Augmenter l’utilisation des méthodes contraceptives efficaces

Comment augmenter l’utilisation des méthodes contraceptives efficaces au Québec?

Depuis 2006, en se basant sur les données probantes, l’INSPQ a proposé d’augmenter l’utilisation des méthodes contraceptives efficaces par les Québécoises en augmentant leur accessibilité. Deux stratégies sont maintenant disponibles :

  • L’ordonnance collective de contraception hormonale et du stérilet pouvant être utilisée par les infirmières et infirmiers et les pharmaciennes et pharmaciens conjointement, suite à son adoption par l’établissement de santé ou le groupe de médecins.
  • Le protocole de contraception du Québec applicable par les infirmières et infirmiers bacheliers ayant suivi la formation en contraception hormonale.

Les documents soutenant ces deux stratégies sont disponibles dans la section « Documents officiels et avis scientifiques ».

Nouvelles

Formation des infirmières

La formation sur la contraception hormonale et les stérilets du Protocole de contraception du Québec a été conçue conjointement par l'Institut national de santé publique et l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). Cette formation est maintenant disponible sur le site de l'OIIQ : https://www.oiiq.org/fr/formation/detail/-/formation/FOL0023/contraception-hormonale-et-sterilet.

Le but de cette collaboration est de soutenir le développement des compétences professionnelles et l’amélioration de la qualité des soins infirmiers en matière de contraception hormonale ou de stérilet.

Objectifs d’apprentissage :

Au terme de cette formation, l’infirmière sera en mesure de :

  • Expliquer les principes généraux en lien avec la contraception hormonale et le stérilet selon le Protocole de contraception du Québec;
  • Respecter les notions de confidentialité et de consentement libre et éclairé;
  • Intervenir conformément au Protocole de contraception du Québec dans une situation nécessitant une contraception d’urgence.

Pour les autres types de formation (formation avec formateur), de nouvelles formations ou ateliers sont éventuellement disponibles dans certaines régions (Formation sur l’interruption volontaire de grossesse, etc.). Veuillez-vous adresser à votre répondant régional sur le Protocole de contraception du Québec pour voir ce qui est offert dans votre région.

Contraception orale d'urgence et poids

Le 26 mars 2014, Santé Canada demande aux fabricants d’ajouter de nouvelles mises en garde aux emballages des produits de contraception d’urgence au lévonorgestrel pour indiquer que ces pilules sont moins efficaces chez les femmes pesant de 165 à 176 livres (75 à 80 kg), et qu’elles sont inefficaces chez les femmes pesant plus de 176 livres (80 kg). Les femmes pesant 165 livres ou plus doivent consulter un professionnel de la santé, comme un médecin ou un pharmacien, pour obtenir des conseils sur les autres méthodes de contraception d’urgence.

Cette recommandation s’appuie sur une méta-analyse de deux études scientifiques1, publiée en 2011, qui avait trouvé que l’efficacité de la COU au lévonorgestrel était réduite chez les femmes dont l’indice de masse corporelle (IMC) était de 25 à 29 et inefficace dont l’IMC était de 30 ou plus. Une nouvelle étude sur les mêmes données présentées par Glasier a aussi été publiée et rapporte les mêmes résultats2. Une autre méta-analyse de trois essais randomisés de l’Organisation mondiale de la santé ne soutient pas que le poids élevé réduit l’efficacité de la COU au lévonorgestrel.3

Par ailleurs, l’acétate d’ulispristal 30 mg est maintenant disponible au Canada pour la contraception d’urgence. Il n’est pas remboursé par le régime d’assurance médicament public du Québec. 

En conséquence, le nouveau Consensus canadien sur la contraception émet les déclarations et recommandations suivantes :

  • Le dispositif intra-utérin au cuivre constitue la méthode de contraception d’urgence la plus efficace. (II-2)
    Les femmes devraient être avisées que le dispositif intra-utérin au cuivre constitue la méthode de contraception d’urgence la plus efficace et que ce dispositif peut être utilisé par toute femme qui ne présente pas de contre-indications à son utilisation. (II-3A)
  • La contraception d’urgence à l’acétate d’ulipristal est plus efficace que celle qui fait appel au lévonorgestrel, et ce, jusqu’à cinq jours à la suite d’une relation sexuelle non protégée. Cette différence en matière d’efficacité devient plus prononcée au fur et à mesure que s’allonge le délai entre la relation sexuelle non protégée et l’administration, particulièrement après 72 heures. (I)

  • La contraception d’urgence au lévonorgestrel pourrait être moins efficace chez les femmes dont l’indice de masse corporelle est supérieur à 25 kg/m2, tandis que la contraception d’urgence à l’acétate d’ulipristal pourrait être moins efficace chez les femmes dont l’indice de masse corporelle est de 35 kg/m2 ou plus. Quoi qu’il en soit, la contraception d’urgence hormonale pourrait tout de même conserver une certaine efficacité, peu importe le poids ou l’indice de masse corporelle de la femme qui en fait la demande. (II-2)
    Les fournisseurs de soins ne devraient pas déconseiller l’utilisation de la contraception d’urgence hormonale en fonction de l’indice de masse corporelle de la femme qui en fait la demande. L’utilisation d’un dispositif intra-utérin au cuivre à desfins de contraception d’urgence devrait être recommandée pour les femmes présentant un indice de masse corporelle supérieur à 30 kg/m2 qui sollicitent une contraception d’urgence. En présence de conditions favorables en matière d’accessibilité et de coût, la contraception d’urgence faisant appel à l’acétate d’ulipristal devrait constituer l’option de première intention à offrir aux femmes présentant un indice de masse corporelle de 25 kg/m2 ou plus qui préfèrent avoir recours à une contraception d’urgence hormonale. (II-2B)

 

  1. Glasier AF, Cameron ST, Fine PM, Logan SJ, Casale W, Van Horn J, Sogor L, Blithe DL, Scherrer B, Mathe H, Jaspart A, Ulmann A, Gainer E. Ulipristal acetate versus levonorgestrel for emergency contraception: a randomized non-inferiority trial and meta-analysis. Lancet 2010;375:555-62.
  2. Kapp N, Abitbol JL, Mathé H, Scherrer B, Guillard H, Gainer E, Ulmann A. Effect of body weight and BMI on the efficacy of levonorgestrel emergency contraception. Contraception 2015;91:97-104.
  3. Gemzell-Danielsson K, Kardos L, von Hertzen H. Impact of bodyweight/body mass index on the effectiveness of emergency contraception with levonorgestrel : a pooled-analysis of three randomiùed controlled trials. Curr Med Res Opin 2015 Dec ;31(12) : 2241-8.

  4. Black A, Guilbert E, Costescu D, et al. Consensus canadien sur la contraception (1ere partie de 4). J Obstet Gynaecol Can 2015 ;37(10) :S1-S33.