Caractérisation des facteurs d'influence sur la variabilité toxicocinétique interindividuelle aux fins de l'analyse du risque toxicologique - Résumé

Le processus d'évaluation du risque toxicologique en santé nécessite le recours à des valeurs toxicologiques de référence (VTR), soit des doses de référence orale (RfD) ou des concentrations de référence (RfC). Traditionnellement, la détermination d'une RfD ou d'une RfC requiert la division d'une dose repère, obtenue lors d'études expérimentales animales ou épidémiologiques humaines, par le produit de divers facteurs d'incertitude, lesquels sont appliqués dans le but de compenser l'incertitude engendrée par l'extrapolation de données mesurées ou évaluées dans des conditions différentes de celles pour laquelle l'établissement de la RfD ou de la RfC est requis (Dourson et Stara, 1983; Dourson et al., 1996; U.S. EPA, 2002; Haber, 2007; Ritter et al., 2007). L'élaboration des normes en santé environnementale, comme les concentrations maximales dans l'eau potable ou l'air ambiant, se fait à partir des VTR.

Le présent document présente d'abord les notions générales d'évaluation de risque qui sont requises pour la compréhension de l'étude ainsi que des hypothèses et questions de recherches y étant associées. Par la suite, un survol des principes méthodologiques suivis pour répondre à ces questions est présenté. Suivent les principaux résultats obtenus et la discussion de ceux-ci, de même que la synthèse des principales conclusions pouvant être tirées de la recherche doctorale effectuée.

Ces travaux ont contribué à l'avancement des connaissances dans le domaine de la variabilité toxicocinétique populationnelle. En effet, pour la première fois, le FACH a été caractérisé de manière systématique. Cette caractérisation a fait ressortir l'importance de prendre en compte à la fois les conditions d'exposition, les propriétés physico/biochimiques et l'entité toxique des substances, les sous-groupes concernés et la fraction de la population qu'on vise à couvrir, lors de la détermination du FACH. Cette caractérisation a aussi fait ressortir les déterminants physiologiques de la sensibilité du point de vue de la toxicocinétique, ce qui a permis de mettre en évidence et d'expliquer les cas où les FACH dépassaient la valeur de 3,16. La portée de cette étude concerne les activités des autorités de santé publique en ce qui a trait au domaine de l'analyse du risque toxicologique. En effet, elle contribue à diminuer les incertitudes relatives à la variabilité toxicocinétique interindividuelle et au facteur devant être appliqué pour en tenir compte. Ceci permet d'améliorer la caractérisation des sous-groupes de la population les plus sensibles à considérations données. Ainsi, les résultats obtenus peuvent autant être interprétés dans la perspective de l'évaluation de l'adéquation de la valeur par défaut de 3,16 pour protéger les individus sensibles de la population, que dans celle du remplacement de cette valeur par des facteurs « basés sur la science » comme le suggère l'IPCS (2005).

Auteur(-trice)s
Mathieu Valcke
Ph. D., conseiller scientifique spécialisé, Direction de la santé environnementale et de la toxicologie, Institut national de santé publique du Québec
Sujet(s)
Toxicologie
ISBN (électronique)
978-2-550-70478-2
Notice Santécom
Date de publication