Vaccination des personnes immunosupprimées âgées de 18 à 49 ans et des adultes avec des maladies chroniques : vaccin sous-unitaire adjuvanté contre le zona (Zona-SU)

Un vaccin sous-unitaire adjuvanté contre le zona (vaccin Zona-SU – Shingrix) est devenu disponible en Amérique du Nord en 2017. Après l’homologation du Zona-SU, de nombreuses questions ont été posées par des cliniciens au sujet de son utilisation chez des patients immunosupprimés de moins de 50 ans et chez des patients atteints de maladies chroniques qui sont à risque élevé de zona.

En décembre 2017, le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) a mandaté un groupe de travail pour réviser les preuves concernant la vaccination des personnes de 18 ans et plus immunosupprimés ou avec des maladies chroniques, sachant que plusieurs études étaient en cours sur ces sujets.

Cet avis a comme objectif principal la revue des preuves existantes concernant le fardeau du zona dans les sous-populations précédemment mentionnées et les approches optimales à utiliser pour minimiser ce fardeau.

Fardeau du zona chez les adultes immunosupprimés ou atteints de maladies chroniques

Le fardeau du zona chez les adultes immunosupprimés ou atteints de maladies chroniques est plus important que chez les adultes du même âge généralement en bonne santé. Le fardeau le plus important est observé chez les adultes immunosupprimés, particulièrement les patients ayant eu une transplantation de cellules souches. Les résultats des études indiquent que l’incidence du zona parmi les adultes immunosupprimés de tout âge est comparable, voire même plus élevée que celle des personnes immunocompétentes âgées de 80 ans et plus.

La prévalence des maladies chroniques avec ou sans état d’immunosuppression dans la population adulte canadienne et québécoise est élevée. Plusieurs de ces maladies augmentent le risque de développer un zona et ses complications, qu’elles entraînent ou pas une immunosuppression (ex. arthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, maladies intestinales inflammatoires chroniques, maladie pulmonaire obstructive chronique ou asthme bronchique, maladies rénales chroniques, diabète insulinodépendant). Possiblement par sa composante inflammatoire pouvant entraîner un état d’hypercoagulabilité, le zona semble à son tour augmenter le risque de développer des maladies cardiovasculaires, une vasculopathie cérébrale, une cardiopathie non arythmique et une neuropathie.

Sécurité, immunogénicité et efficacité du vaccin Zona-SU

Les résultats de six études cliniques randomisées effectuées dans différentes sous-populations immunosupprimées indiquent de façon consistante que le vaccin Zona-SU présente un profil de sécurité acceptable, qu’il est immunogène et qu’il assure une bonne protection pour la majorité des adultes vaccinés. Il ne semble pas avoir de différences importantes dans le profil de sécurité et d’immunogénicité du vaccin Zona-SU lorsqu’administré aux patients immunosupprimés âgés de 18-49 ou de 50 ans et plus. La durée de la protection assurée par le vaccin Zona-SU chez les personnes immunosupprimées reste à être déterminée.

Les données concernant la sécurité et l’efficacité du vaccin Zona-SU dans différentes sous-populations avec des maladies chroniques sont plus limitées. Toutefois, les résultats de l’analyse post hoc de deux études cliniques pivots indiquent que les conditions médicales existantes au moment du recrutement n’ont pas eu d’impact sur l’innocuité et l’efficacité du vaccin Zona-SU et que ces patients ont un risque plus élevé de zona que la population dite en bonne santé du même âge. Comme la proportion de personnes touchées par des maladies chroniques augmente avec l’âge, il est difficile de bien distinguer l’impact de chacun de ces facteurs sur le risque de développer un zona. Même si l’immunosuppression et les maladies chroniques augmentent le risque pour le zona, la plupart des cas de zona (nombre absolu) surviennent chez des personnes sans immunosuppression ou maladie chronique et le principal risque de développer un zona demeure l’âge plus avancé.

Conclusions et recommandations

  • En comparaison à des personnes immunocompétentes et sans maladies chroniques, les adultes immunosupprimés ou atteints de certaines maladies chroniques présentent un risque plus élevé de développer un zona et des complications post-zona, peu importe leur âge, même si leur risque augmente encore davantage avec l’âge. Le risque apparaît plus élevé chez les personnes immunosupprimées par rapport aux personnes avec maladies chroniques.
  • Le vaccin Zona-SU a montré une efficacité significative chez les personnes immunosupprimées. La durée d’efficacité au-delà de 2 ans n’est pas démontrée. Les données sur l’efficacité du vaccin sont peu nombreuses.
  • Le vaccin Zona-SU présente un profil de sécurité acceptable et il est immunogène pour la grande majorité des adultes vaccinés, incluant les personnes immunosupprimées ou atteintes de maladies chroniques.
    • La vaccination contre le zona a déjà fait l’objet d’une recommandation du CIQ pour les personnes immunodéprimées âgées de 50 ans et plus et chez les personnes de 50 ans et plus en bonne santé (et plus particulièrement celles de 65 ans et plus). Le CIQ juge que la vaccination contre le zona avec le vaccin Zona-SU devrait aussi être recommandée chez les personnes immunosupprimées âgées de 18 à 49 ans (incluant les malades chroniques qui répondent aux critères d’immunosuppression du Protocole d’immunisation du Québec ou PIQa.
    • La vaccination devrait être offerte avant l’immunosuppression, lorsque c’est possible.
    • Par rapport à la vaccination des personnes âgées de 50 ans et plus et en bonne santé, une priorisation de la vaccination pour les personnes âgées de 50 ans et plus atteintes de maladies chroniques (sans qu’elles ne soient nécessairement considérées immunosupprimées ou répondantes aux critères d’immunosuppression du PIQ) devrait être considérée. Les maladies chroniques à cibler sont celles pour lesquelles un risque plus élevé de zona a été démontré (voir plus bas).
    • La vaccination contre le zona avec le vaccin Zona-SU pourrait être envisagée chez les personnes âgées de 18 à 49 ans atteintes de maladies chroniques pour lesquelles un risque plus élevé de zona a été démontré (sans qu’elles ne soient nécessairement considérées immunosupprimées ou répondantes aux critères d’immunosuppression du PIQ).
    • Les maladies chroniques connues comme augmentant le risque de zona sont particulièrement : arthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, maladie intestinale inflammatoire chronique, maladie pulmonaire obstructive chronique ou asthme bronchique, maladies rénales chroniques, diabète insulinodépendant.

a Le PIQ décrit les causes d’immunodépression importantes comme étant : Déficience immunitaire congénitale (ex. : syndrome de Di George, agammaglobulinémie ou hypogammaglobulinémie).
Leucémie, lymphome, myélome multiple ou cancer non hématologique (immunodépression causée par la maladie, la chimiothérapie ou la radiothérapie).
Agents immunodépresseurs (chimiothérapie, radiothérapie, corticostéroïdes, agents biologiques [voir Thérapies immunodépressives]).
Déficits immunitaires acquis (ex. : infection par le VIH et sida).
https://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/vaccination/piq-vaccinologie-pratique/immunodepression/

Vaccination des personnes immunosupprimées âgées de 18 à 49 ans et des adultes avec des maladies chroniques : vaccin sous-unitaire adjuvanté contre le zona (Zona-SU)

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